En parlant d’animaux….

– Nom d’un chien Laurent, il y a tant de références animales dans le langage populaire et notamment le jargon policier : même ceux qui parlent comme une vache espagnole et sans que mouche ne pique, parlent animal.

Je ne cherche pas la petite bête, c’est une constance grosse comme une loutre et qui ne changera que quand les poules auront des dents ; il faut bien appeler un chat un chat.

Alors vous, œil de lynx, fier comme un paon d’avoir nagé dans le monde judiciaire comme un poisson dans l’eau et, mémoire d’éléphant aidant, bien que vous ayez d’autres chats à fouetter ou préfériez, de temps en temps, gober les mouches, bailler aux corneilles et envisager de nous poser un lapin, faites nous plutôt part, comme un coq en pâte, des raisons de tout cela ?… vos suggestions ne seront pas comme un chien dans un jeu de quilles et vous ferez de nous autre chose que des canards boiteux……..

Je ne cherche pas non plus à vous faire devenir chèvre, ni vous dire que c’est laid comme un pou, juste vous soumettre mes observations en ménageant la chèvre et …la chouette.

– Nul besoin de donner sa langue au chat ma chère Laurence, c’est effectivement connu comme le loup blanc ; et celui qui, tête de linotte ou cervelle de moineau, tondu comme un mouton et sapé comme un maquereau, pour s’être jeté dans la gueule du loup, une peau de vache, malin comme un singe ou rusé comme un renard en a déjà fait l’expérience.

Après que les condés aient placé un piège à rat, qu’un prévenu soit muet comme une carpe, qu’il noie le poisson, ou saute du coq à l’âne, à force de vers tirés du nez, nul besoin de courir comme un lapin, les chineurs de la crim. ou autres poulets, n’avalant pas les couleuvres, finissent toujours, la puce à l’oreille, informés par mules, taupes, corbeaux ou autres langues de vipère, par aider les quidams à revenir sur le plancher des vaches et sans la lenteur des limaces….avant de lui voler dans les plumes, le canarder, pour qu’il devienne doux comme un agneau….. Parfois même, après des larmes de crocodiles, regagnant la souricière, s’endort-il comme un loir pour se réveiller comme un ours mal léché en plein cafard, en tout cas, certainement pas gai comme un pinson.
Et après un passage devant un raminagrobis ou avoir mijoté avec les bœufs carottes, le prévenu noir comme un corbeau, même monté sur ses grands chevaux, sera fait comme un gorille en cage.

Bon, revenons à nos moutons et prenons le taureau par les cornes : toutes ces références ne viendraient-elles pas, ma Chère Laurence, de l’idée qu’il y a chez nos amies les bêtes la même sensibilité que le marabout nous prête.

– En la matière, on se croyait à cheval, Laurent, nous n’étions qu’à pieds, comme deux éléphants dans un magasin de porcelaine…ne prenons pas la mouche mais ; quelle vie de chien !!!!!

Le jour est venu où, sans vouloir caresser le chien dans le sens du poil, il a été voté et donc reconnu qu’ils sont doués de sensibilité….. « L’espoir est un instinct que seul peut tuer un raisonnement de l’esprit. Et les animaux ne connaissent pas le désespoir »(1).
La « vraie gloire n’est pas d’avoir gagné quarante batailles (…) ce que rien n’effacera, ce qui vivra éternellement, c’est mon Code civil »(2).

Laurence JOSEPH-THEOBALD, avocat au Barreau de Paris ;
Laurent DAVENAS, magistrat honoraire, conseiller en stratégie judiciaire.

1. Graham Greene

2. Napoleon Bonaparte